Feux de pierres

Marseille

 

 

la meuf (fiction - extrait)

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Encore une demi-heure, et c'est l'orchestre symphonique en stéréo. Les voisins de dessus, de dessous, de droite et encore de gauche (il est marié, le gros salaud, va savoir comment il a fait pour y arriver !) vont me mitonner leur petit récital du matin qui se prolongera bien jusque neuf heures facile. Réveils, robinets, musiques, engueulades, galopades des enfants, vide-ordures, portes qui claquent, ascenseurs, quel récital. Il est temps que je me scotche le walkman sur les oreilles si je ne veux pas subir ces agressions. J'allumerais bien la TV, mais à cette heure, rien que des conneries pour amortis du matin. C'est qu'il ne faut pas forcer sur leur réveil, à cette heure. Rien que des trucs idiots qui bougent sur l'écran, comme par exemple l'émission de gym-tonic qui vous fait suer rien qu'en la regardant. Moi, j'aime pas la gym. Ni le reste. Trop merdique. Alors je laisse juste l'image, et je remets le son quand c'est la pub. Ca, j'adore. C'est trop ! Je les connais toutes par cœur. Sauf les toutes nouvelles. Wouah ! Le pied quand il y en a une. Un vrai régal. Une découverte des Amériques. Bon, mais c'est pas l'heure encore. Et puis je ne peux pas mettre le walkman. Des fois qu'ils arrivent, je ne les entendrai pas.

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le passant

La ville est étendue, chaude, bruyante, grouillante. Au détour d'une rue, je suis resté en arrêt devant cette falaise vitrée, ruche de béton aux alvéoles carrées dans lesquelles des bribes de vies se découpent une tranche d'azur. Quelques dizaines de mètres plus loin, les collines au vert sombre tentent de contenir la cité contre les hauteurs du Puget et de Marseilleveyre.

 


 

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© Daniel Bouillot - 2006