Oslo
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.../... Le long des murs du tunnel, les câbles électriques font une ligne pâle ininterrompue qui oscille comme une houle filmée en accéléré. De temps à autre, une rupture brusque, une pancarte, un panneau, une ouverture dans la paroi, un éclair, l'enfer soudain d'une rame que l'on croise et qui disparaît en nous laissant sous le choc visuel. Puis la ligne reprend sa vie, sautant à la corde autour du reflet de votre visage. Je présage bientôt nos regards qui se croisent et nos mains qui se rejoignent. Qui se joignent. La mienne en est déjà. Nos consciences ont progressé dans ce sens. Je sens cet élan impétueux qui va nous emporter. Et le bateau qui attend. Qui nous attend. Attend-il encore ? Je n'ose calculer ce qu'il nous reste à parcourir. Qu'importe. Nous arriverons au quai, en courant et riant. Mon bagage ne pèse rien. Et, bien sûr, votre sac minuscule suscitera des interrogations. Nous réglerons cela à l'arrivée après avoir passé la douane dont je me serai discrètement occupé, selon l'habitude. Il ne vous faudra pas grand chose : la contenance d'un panier d'osier acheté au premier bazar après avoir débarqué suffira amplement pour abriter tout votre nécessaire. Auparavant, durant la traversée, nous n'aurons quitté la cabine que pour aller grignoter quelques douceurs au bastingage et partager le grand silence d'un soleil qui se couche ou qui se lève, et qui le fait enfin vraiment. .../...
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Christiana. Je lui savais un autre nom à cette ville, mais lequel ? C'est en tout cas ce que je m'étais dis en débarquant de l'avion à Göteborg pour me diriger vers le premier taxi de la file et lui demander sur un ton inspiré : "To Oslo, please". Il n'y eurent que son regard légèrement embarassé et ses explications besogneuses ("It is very far from here" - "There will be the custom to cross : you are in Sweden") pour finir par me mettre la puce à l'oreille et la panique dans les jambes. Je ne sais comment je parvins à remonter le parcours dans l'aéroport pour atteindre le même avion et rembarquer in extremis pour Oslo que je finis enfin par atteindre hors d'haleine. Christiana c'était, cet autre nom, et non Göteborg, bougre d'andouille.
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© Daniel Bouillot - 2006