Feux de pierres

Québec

L'oiseau(fiction - extrait)

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Le caractère de la ville ne convient pas vraiment à celui qui vient comme moi de l'océan et qui a traversé les Terres Neuves depuis le Labrador. Elle donne l'impression de s'être regroupée autour d'une espèce de château de féerie que l'on aurait démesurément grandi et transformé en hôtel de luxe. J'ai cherché un peu autour du château Frontenac, senti l'air sur la terrasse Dufferin, puis parcouru rapidement la basse ville et les berges du Saint-Laurent. Rien de bien convaincant. La fatigue du voyage commençait à faire valoir ses droits, et l'esprit en conséquence : une fois de plus, je doutais.

Je doutais de l'espace, des vents, de la houle. Je doutais de mes ailes sous le vent furieux. Je doutais de mes congénères ailés qui se battent sur les quais pour un lambeau de poisson. Je doutais des âmes, des hommes et des gommes à effacer la vie. Je doutais de la vie elle-même, de ses cris, de ses appels, de ses exigences. Je doutais de l'importance des choses et de leur désuétude. Je doutais de l'utilité des actes et de leur futilité. Mais de la mort, je n'ai jamais douté : alors je vole.

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Le poète

Stadaconé n'est plus; et sur son promontoire

Québec dresse son front tout rayonnant de gloire,

      Du passé vivant souvenir !

Adolphe-Basile Routhier (1839-1920)

 


 

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© Daniel Bouillot - 2006