Bal(l)ades – Frère et reine

RG-frereine

Reine et Frère – romance royale

Je me souviens d’un jour, dans le tendre alentour.
Avec ses yeux velours, me racontait la terre
“Deux enfants au soleil”, un voyage en la cour
Il défaisait l’envers des décors de misère.

“Camarade” arme en fleur, joli nom pour toujours
Était roi, sa mission, en savante manière…
De ce temps où leurs coeurs révélaient tout l’amour
Qui pour eux étaient soeur, douce enfance si chère

“Dans le petit jardin”, la reine avait sa tour
De rêves colorés qu’elle offrait à son frère
Le roi émerveillé de ses rires en retour
Lui donnait le soleil et quelques fleurs de verre

Ébahie, elle était jusqu’au sommeil du jour
Recevoir le soleil et en être lumière
L’éclaircie d’une nuit, sans enfin au pourtour…
Fleur ou bien papillon, elle était sa prière

Il ou Elle, c’est nous en un val sans retour
Et ” Notre concerto” disait le temps, naguère
Frère et Soeur, un refrain, ivresse pour séjour
Reine et Roi, au matin fredonnant en clairière

Et “ma fille” en lilas et un homme aux atours
Les enfants au jardin, cueillant fleur primevère
Où ce lieu se voulait, vers fuyant pour vautour
La tendresse est ainsi entre ceux sans frontière

Mais l’enfance en humain se voulait au contour
Du silence d’hiver malgré l’ombre altière
Avec l’un en devoir, et puis l’autre au labour
“La montagne” un pays aux chapeaux de sorcière

Nous avions bien grandi dans les pas de la guerre
La paix, on la voulait en aube troubadour
Une vie au présent n’était plus très amère
Et nos mains se serraient sur le même parcours

“Mon chant est un ruisseau” au sentier fait de pierres
Je répétais souvent à ma soeur, ce discours
Et nos mots partagés tapissaient les rivières
Mémoire qui s’usait comme un compte à rebours

atouthasard et Viviane Fournier

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