Désert de Tartarie
Où personne n’oublie
Les ondulations sablées
Tièdes et veloutées
Je glisse lentement
Etouffé de chaleur
Depuis bien trop longtemps
Pour ressentir la peur
Désert de Barbarie
Où personne ne rit
Le désordre d’une horde
De cheveux qui se tordent
Je halète doucement
Me noue, les enjoue
Depuis bien trop souvent
Pour qu’ils se dénouent
Désert de Syldavie
Où personne ne crie
Le torrent desséché
D’une source cachée
Je rampe dans le lit
À mourir de faim
Depuis bientôt la vie
Pour jusqu’à demain
Désert de Moravie
Où personne ne vit
La voûte étoilée
D’un néant étalé
Je gis seul dans mon coin
Pensant à l’eau, pensant au pain
Depuis un bien trop loin
Pour rejoindre ta main