Errance

VF-Massot2

    Alouette, j’ai perdu la tête
Je la tiens pourtant au fil des idées
Je la serre des doigts sur mains étonnées
Elle se disperse, elle va ou elle vient
Curieuse, assoiffée, elle a tant à dire
Bandeaux blancs du vide qui parle sans cesse
Et je sais des peurs qu’elle envole au loin
Dans les mots faciles que les lèvres entrouvrent
Dans le regard grave des mondes à trouver
Dans le cri pas dit que je veux crier …
    Alouette, ma mémoire s’affame
Mes rides bleuissent de l’amour rêvé
Je charpente l’air d’un souffle troublant
Et lignes de vie, je deviens géant
D’un soupir de ciel, je joue l’incompris
Je me méconnais mais j’apprends souvent
À lever les jours dans les nuits cachées…
Je migraine mon âme à la lumière douce
Je veux respirer pour battre du cœur
Je sais le chemin
Des rêves à donner …
    Alouette, j’ai toute ma tête
Le temps d’exister …
        Quelle heure est-il donc
À ma liberté ?

 

« errance »

Détail du tableau « Les sages » de Abel Massot

© Casa d’Amor, Lisière et les auteur(e)s – 2025