Bal(l)ades – Aria

AL-aria

Aria

Sur le clavier couvert
de noires et de blanches,
ma main se pose
n’osant bouger.

Pas encore.

Percer la nuit du temps
d’une touche vierge
juste l’effleurer
sans presser.

Appuyer doucement,
griffer le silence,
d’une note à peine dressée,
puis attendre.

La laisser seule serait flancher,
il faut que d’autres suivent,
et d’autres encore,
emplir ce blanc silence.

Oser que cette note, Madame,
ne vous déplaise,
glisser dessus en sinuant,
qu’elle vibre à cœur.

Alors, au bout du son
proche d’expirer,
dans un éclair,
à cette note donner l’air.

© Lisiere et l’auteur 2026