Bal(l)ades – Moutons

VF-moutons

J’ai compté les moutons, ils n’avaient pas de nom
Anonymes et mortels, ils suivaient leur destin
Sans comprendre parfois comme des mal aimés
Vacillant de leur sort et priant tellement fort
Pour que la terre tourne au prix d’un moindre effort
Et que l’endroit trop sage fasse un nouveau décor 
La clarté d’un vrai rêve pour une nuit marine…
Personne n’a le temps de voler les étoiles

Et ça larme les yeux d’avoir les mains trop vides…
Et puis tu es venue, aquarellant le jour
On a refait le monde pour un instant facile
Plus rien n’était fragile puisqu’on était nous deux
Et le temps des cerises navigue en saisons folles
Se décrochant des vents pour rire à l’unisson
Et dériver d’azur sur les lunes sans voiles
Personne n’a le temps de voler les étoiles

On oubliera les heures et même la raison
Dix minutes, disais-tu, pour s’écrire de vie
S’attendrir de rimes pour casser tous nos murs
Et cœurs sans gabardines, on habillera le ciel
On s’apprendra un peu sans plus de retenue
Ce sera doux peut-être mais aussi difficile
De danser dans la nuit sans lueur d’espérance
Personne n’a le temps de voler les étoiles

Dix minutes de vie pour mille encore à prendre
Sous l’aile d’un oiseau ou d’une poésie
Comme si c’était simple de frôler la lumière
Et de rêver bien haut d’un monde sans envers…
Personne n’a le temps de voler les étoiles

 

                                                « Ballade de nuit »

Viviane Fournier

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