Photo-Roman (4/12)

Un roman kafkaïen de Kazuo Ishiguro (prix Nobel 2017) sur la musique et la passion

Un pianiste de renom est invité dans une petit ville d’Europe centrale. Lieux et rencontres s’enchevêtrent pour le plaisir du lecteur et la surprise du héros….

Ce fut le premier livre de Kazuo Ishiguro que j’ai tenu entre les mains, il y a de cela plus d’une dizaine d’années. Le résumé du roman m’avait bien intrigué, une histoire de pianiste qui arrive un peu paumé dans une ville d’Europe Centrale où il doit se produire. On peut effectivement parler d’atmosphère kafkaïenne, même si, au final, il n’y a pas vraiment de sentiment d’oppression ou d’angoisse. Ici, la mécanique des rencontres improbables et des incises temporelles fonctionne de façon fluide et ouatée, et au fil de la lecture, on se laisse doucement prendre dans une légère torpeur qui est ma fois plutôt agréable, car plus rien ne nous surprend ou nous intrigue, un peu comme dans un bon rêve, de celui dont on sort en se disant « ah, qu’est-ce que j’y étais bien », tout en étant tout de même rassuré de retrouver son bien tangible quotidien. En cela, l’auteur me paraît assez proche d’Haruki Murakami sur ce travail aux frontières de la réalité.
Depuis j’ai lu tous les autres romans d’Ishiguro et il m’apparaît aujourd’hui comme un artisan des mots spécialisé dans la dentelle, car chacune de ses œuvres prend toute sa dimension dans la finesse de ce qui y est exprimé et surtout dans les vides qui y ont été ménagés.
Pour en revenir à ce roman, l’inconsolé n’est-il pas au final, le lecteur, à la fois soulagé d’être parvenu à la fin de ce gros pavé, et frustré de n’en pas en avoir pu saisir tous les contours ?

Analyses et critiques du roman sur Babelio

D.B.